« Pas de souci » : ce que cache votre oui au travail

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?

Des femmes qui disent oui sans se questionner sur leur disponibilité.
Parce qu’elles voient l’intérêt pour l’entreprise.
Parce qu’il faut que ce soit fait.

Elles sont loyales, engagées, investies.
Et elles se placent toujours en dernier.

Pourtant, quelque chose en elles le sait.
La mâchoire qui se serre au moment de dire « pas de souci ».
Le soupir une fois la porte fermée.
La fatigue qui s’accumule.

Conciliante… ou effacée ?

« Je suis quelqu’un de conciliant », disent-elles.
Mais concilier, c’est trouver un terrain d’entente entre deux parties.
Deux. Pas une.

Or dans ces accords-là, une seule partie est prise en compte : l’entreprise.

Elles font des concessions. Mais personne n’en fait en retour.
Parce qu’elles ont appris à ne rien demander.

Ce n’est pas de la conciliation. C’est de l’effacement.

Et « la seule à pouvoir le faire » ?
Parfois, c’est surtout la seule à qui on le demande…
parce que tout le monde sait qu’elle dira oui.

Pourquoi c’est si difficile de faire autrement

Ce « pas de souci » n’est pas un manque de caractère. Il repose souvent sur un doute discret mais tenace : si je dis non, va-t-on penser que je ne suis pas à la hauteur ?

Alors on en fait un peu plus. On absorbe. On se tait quand on est dans le rouge, parce que le dire reviendrait à avouer une faiblesse. On se sent responsable de tout, et on se juge sévèrement à la moindre erreur.

De l’extérieur, tout fonctionne. On est appréciée, fiable, bien vue.
De l’intérieur, on s’éloigne peu à peu de soi : moins d’énergie, moins de spontanéité, et de moins en moins de place pour ses proches.

Trois signes que vous êtes sortie de l’accord

  • Vous acceptez une demande avant même d’avoir regardé votre agenda.
  • Vous ne vous souvenez pas de la dernière fois où vous avez demandé quelque chose pour vous : un délai, de l’aide, une préférence.
  • Votre corps réagit avant votre tête : gorge serrée, épaules qui montent, nœud dans le ventre au moment de dire oui.

Ces signaux ne sont pas des faiblesses. Ce sont des informations.

Par où commencer

Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre, ni de dire non à tout. Juste de vous remettre dans l’équation.

  1. Gagnez quelques secondes. Remplacez « pas de souci » par « je regarde et je reviens vers toi ». Ce simple délai vous redonne le choix.
  2. Écoutez votre corps. Avant de répondre, remarquez ce qui se passe en vous. Un oui qui serre la mâchoire n’est pas un vrai oui.
  3. Posez-vous une question. Dans cet accord, qu’est-ce qui compte pour moi ? Même si la réponse finale reste oui, elle sera devenue un choix.

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Se compter parmi les parties

Se donner de l’importance, ce n’est pas de l’égoïsme.
C’est ce qui rend la conciliation possible.

Et vous, quand vous vous dites conciliante, quelle place prenez-vous dans l’accord ?

Image de Isabelle Abbruzzese
Isabelle Abbruzzese

Coach professionnelle - J'accompagne les femmes à sortir du « oui à tout prix » pour décider au lieu de subir et à devenir pilote de leur trajectoire

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