Pourquoi est-il si difficile de s’arrêter le soir ?

22h00.
Elle répond encore à un email « rapide ».
Cette soirée était pour elle, mais elle l’a cédée sans même s’en rendre compte. Encore.

Ce qu’on voit, c’est une personne investie, fiable, toujours disponible.
Ce qu’on ne voit pas, c’est tout le reste.

« J’ai peur de décevoir. »
« Je dois rester celle qui assure. »
« Je ne me pose même pas la question, je fais. »

Ce qui est sous la surface ne se voit pas. Mais c’est cela qui dirige.

Quand on fonctionne ainsi, s’arrêter n’est pas une pause.
C’est une faute. Alors on ne s’arrête pas. Et c’est la récupération qui saute en premier.

Ce n’est pas l’information qui manque

Ce que j’observe en accompagnement : ce n’est pas l’information qui manque.
Tout le monde sait qu’il faut se reposer.
Ce qui manque, c’est l’autorisation.
Tant que s’arrêter ressemble à un risque, aucune pause ne semble légitime.

Et cet email de 22h00 n’arrive jamais seul. Il y a eu le « oui » donné en réunion alors que l’agenda débordait déjà. Le dossier repris parce que « ce sera plus rapide si je le fais ». L’avis gardé pour soi, pour ne pas créer de tension. Chaque fois, un petit renoncement. Ensemble, ils finissent par prendre toute la place.

Votre corps, lui, l’a déjà remarqué

Bien souvent, le corps tire la sonnette d’alarme avant la tête. La mâchoire qui se serre en ouvrant la boîte mail. Les épaules qui remontent. Ce nœud dans le ventre au moment de répondre « pas de souci ». Ces signaux ne sont pas des faiblesses : ce sont des informations. Encore faut-il s’autoriser à les écouter.

3 questions à vous poser avant d’ouvrir vos emails le soir

Il ne s’agit pas de tout changer du jour au lendemain. Juste de remettre un peu de choix là où il n’y avait plus que des réflexes.

  1. Qu’est-ce qui se passerait vraiment si je répondais demain matin ? Souvent, la réponse honnête est : rien. Ou presque.
  2. Qu’est-ce que je ressens, là, maintenant, dans mon corps ? Prenez trois respirations avant de cliquer. Remarquez simplement ce qui se passe.
  3. À qui ou à quoi je dis non, en disant oui à cet email ? À votre sommeil, à vos proches, à ce livre commencé il y a trois mois…

Si vous n’êtes pas prête à fermer l’ordinateur, commencez plus petit : programmez l’envoi de votre réponse pour le lendemain matin. Le message part à une heure raisonnable, et vous envoyez aussi un signal, à vous comme aux autres : vos soirées comptent.

Une soirée à la fois

Un soir, peut-être, l’email attendra demain.
Pas parce qu’elle s’en fiche. Parce qu’elle aura décidé que cette soirée lui revenait.


Et vous, à quand remonte la dernière soirée que vous vous êtes vraiment accordée ?

Image de Isabelle Abbruzzese
Isabelle Abbruzzese

Coach professionnelle - J'accompagne les femmes à sortir du « oui à tout prix » pour décider au lieu de subir et à devenir pilote de leur trajectoire

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